Violences au Tibet: au moins 10 morts, Lhassa quadrillée par l'armée
le 16/3/2008 à 6h43
par AFP
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Lhassa était quadrillée samedi par l'armée et interdite d'accès aux touristes étrangers comme le reste du Tibet, au lendemain d'émeutes qui ont fait 10 morts selon les autorités - 30 selon le gouvernement tibétain en exil - et menacent de ternir l'image de Pékin avant les JO.
Si la tension semblait baisser dans la capitale tibétaine, de nouvelles manifestations ont éclaté dans la province du Gansu, dans le nord-ouest de la Chine, notamment au monastère de Labrang.
Elles auraient réuni plusieurs milliers de personnes dont beaucoup de moines, selon des groupes de défense des Tibétains.
Le premier bilan officiel des émeutes de vendredi pubmié samedi a fait état de 10 morts.
Le gouvernement tibétain en exil a de son côté confirmé "environ 30 morts" et a affirmé disposer d'informations non confirmées faisant état de "plus de 100 morts".
Quel que soit le bilan définitif, il s'agit des manifestations les plus sanglantes au Tibet depuis celles de 1989, qui s'étaient soldées par des dizaines de morts.
Les autorités policières et judiciaires du Tibet ont appelé à l'arrêt des troubles et promis la clémence aux émeutiers de Lhassa s'ils se rendaient avant lundi minuit (16h00 GMT).
Samedi matin, la ville, d'ordinaire sous haute surveillance, était entièrement bouclée par l'armée et la police, selon des témoins, et interdite à la presse étrangère.
De nombreuses boutiques avaient brûlé vendredi dans le coeur historique de la capitale du Tibet pendant des manifestations organisées par des moines bouddhistes, célébrant depuis le début de la semaine le 49e anniversaire du soulèvement de Lhassa qui avait abouti à l'exil du dalaï-lama.
Plus de 160 incendies ont officiellement été répertoriés, dont 45 d'ampleur importante.
"Les victimes sont toutes des civils innocents et elles sont mortes carbonisées", a déclaré un responsable du gouvernement régional du Tibet.
Selon les autorités chinoises, les exactions ont été menées par des "casseurs", des "saboteurs".
La télévision nationale a diffusé samedi des images des émeutes. On peut y voir une foule de manifestants, parmi lesquels des moines, s'en prendre à des commerces, les saccager ou y mettre le feu.
Un commerçant chinois de Lhassa, joint samedi par téléphone par l'AFP, a affirmé que des moines avaient agressé des Chinois avec des couteaux. "Des policiers ont été blessés, mais les moines ont également attaqué des gens de la rue", a-t-il déclaré.
Le gouvernement régional affirme que les forces de l'ordre n'ont pas tiré de coups de feu contre les manifestants mais ont procédé à des tirs de sommation.
Les autorités chinoises ont affirmé que la loi martiale n'était pas en vigueur à Lhassa.
Pékin a fait déployer des policiers juste sur la frontière avec Népal, pour empêcher d'éventuelles manifestations de groupes pro-tibétains, ont indiqué samedi soir des responsables népalais. Selon plusieurs tour-opérateurs chinois, l'accès du Tibet aux voyageurs étrangers en Chine est par ailleurs désormais impossible,.
Le gouvernement tibétain en exil a demandé samedi à la Chine d'agir avec "compassion" et "sagesse", et a appelé à une enquête de l'ONU sur les violences qualifiées de "violations des droits de l'Homme".
Le dalaï lama, chef spirituel des bouddhistes tibétains doit tenir une conférence de presse dimanche à Dharamsala, dans le nord de l'Inde où il vit en exil depuis 1959.
D'après des observateurs, le lauréat 1989 du prix Nobel de la paix ne devrait pas dévier de sa ligne traditionnelle consistant à chercher une solution pacifique pour l'avenir du Tibet.
"Son message sera le même : la non-violence", a déclaré samedi soir à l'AFP Tsewang Rigzin, le président du congrès de la jeunesse tibétaine, qui, au contraire du dalaï lama, réclame l'indépendance du Tibet et non une simple "autonomie culturelle".
A Londres, l'organisation des droits de l'Homme Amnesty International a appelé samedi les autorités chinoises à autoriser une enquête indépendante des Nations unies sur les manifestations au Tibet et invite la Chine à la plus grande retenue.
Ces violences au Tibet interviennent à cinq mois des jeux Olympiques de Pékin et placent le gouvernement chinois, déjà sous pression sur le terrain des droits de l'homme, dans une situation délicate.
Vendredi, les Etats-Unis et l'Union Européenne ont fait part de leur inquiétude et appelé la Chine à la "retenue" dans cette crise.
Tibet
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